Pinterest se pique aux règles du droit d’auteur

Élu meilleure startup par TechCrunch en 2011, le réseau social Pinterest a le vent en poupe aux Etats-Unis et commence à faire parler de lui en France.  Déjà considéré comme « le nouveau Facebook » par certains, le site est le premier début 2012 à avoir atteint aussi rapidement une audience de 10 millions de visiteurs par mois.

Ce succès fulgurant cache néanmoins une polémique grandissante à propos du respect par le site des règles du droit d’auteur, car la contrefaçon semble inscrite dans ses principes même de fonctionnement. Reprenant le principe des visuals bookmarks, Pinterest permet en effet à ses utilisateurs de constituer un tableau en « épinglant » (to pin en anglais) leurs découvertes faites sur le web, à la manière d’un mur Facebook et de les partager avec les autres membres du réseau. A cette occasion, les images épinglées sont copiées sur les profils des utilisateurs de la plateforme, avec normalement un lien en retour qui procure aux sites d’origine un trafic intéressant.

Mais cette forme de compensation n’a pas paru suffisante à un nombre grandissant de producteurs de contenus graphiques, et notamment des photographes, qui ont considéré que Pinterest se livrait à une forme de parasitisme dommageable, et ce d’autant plus que le site a développé très tôt un modèle économique, basé sur l’affiliation de liens. Certains sont allés plus loin et n’ont pas hésité à affirmer qu’un site comme Pinterest justifie le vote des terribles lois SOPA/PIPA !

Coloured pins on a pins cushion. Par bhermans. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr

Pinterest n’est pas resté sourd à ces protestations et a réagi il y a quelques jours, en mettant à disposition un shortcode « nopin« , permettant à ceux qui le souhaitent de bloquer le fonctionnement du bookmarklet proposé par la plateforme, afin de pouvoir épingler directement les contenus à partir des navigateurs internet.

Ce passage juridiquement difficile traversé par Pinterest soulève des questions plus générales, liées aux pratiques de partage des contenus sur Internet, et notamment au statut particulier des images. Il s’inscrit également dans les problèmes rencontrés par les sites de curation, dont Pinterest constitue un exemple et qui peuvent se heurter à la rigidité actuelle des règles du droit d’auteur. Le cas de Pinterest soulève aussi des questions plus troublantes, car en y regardant de plus près, la starup de l’année 2011 n’est peu-être pas si différente d’un MegaUpload, considéré comme l’antéchrist du copyright et débranché manu militari par le FBI, il y a quelques semaines.

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Les lapins virtuels rêvent-ils de propriété intellectuelle ?

J’aime bien Second Life. Pas tellement comme résident de l’Univers persistant (j’ai dû ouvrir un compte, il y a quelques années, sans jamais vraiment l’utiliser), mais plutôt parce que ce monde virtuel a tendance à soulever des questions juridiques particulièrement originales, que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer (ici ou ) dans S.I.Lex.

Il y a quelques jours, un article du Wall Street Journal nous apprenait qu’une véritable guerre avait éclaté sur Second Life entre… des lapins et des chevaux, ou plus exactement entre deux firmes d’élevages d’animaux virtuels de compagnie, Ozimals et Amaretto Breedables !

Ce lapin virtuel rêve-t-il de propriété intellectuelle ?

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