Free Adgate : encore un argument en faveur de la contribution créative

La mise en place d’un dispositif de blocage de la publicité par Free activé par défaut sur sa box a fait l’effet d’une bombe ces derniers jours et les commentaires fusent de toutes parts à propos d’une potentielle atteinte d’un nouveau genre au principe de neutralité du web. Devant le tollé soulevé par cette étrange initiative, il semblerait que le FAI s’apprête déjà à faire marche arrière dans les prochains jours, s’en tenant à un coup de semonce adressé à Google, dans la lutte à laquelle se livre les deux opérateurs depuis des mois à propos des accords d’interconnexion.

Group meeting of the walking billboards. Par illuminaut. CC-BY-NC. Source Flickr.

Même si l’affaire pourrait rapidement retomber, il me semble qu’il faudra en tirer les leçons quant à la question de la dépendance de nombreux sites vis-à-vis de la publicité, qui leur permet d’offrir un accès gratuit à l’internaute. Guillaume Champeau, directement concerné par la question à travers Numerama, a parfaitement pointé du doigt le problème et il termine par une conclusion qui mérite à mon sens l’attention :

Les sites concernés peuvent se lancer dans un jeu du chat et de la souris avec Free pour tenter d’échapper au filtrage, ou changer de modèle économique. Ce qui n’est pas sans conséquence. Même si Numerama devenait payant, et même à considérer que nous rassemblions suffisamment d’abonnés pour être rentables, il ne faut pas oublier que la publicité a l’avantage d’offrir un accès gratuit à tous. A ceux qui peuvent se permettre un abonnement payant comme aux autres. Et que par ailleurs, les internautes ne pourront pas multiplier les abonnements à différents sites. La gratuité d’accès ne peut être obtenue que par deux biais : la publicité, ou une forme de licence globale.

Si l’on devait retenir une leçon du Free Adgate, c’est certainement celle-ci : la dépendance trop forte aux revenus publicitaires fragilise une partie très importante de l’écosystème des acteurs qui produisent des contenus en ligne et elle les met à la merci de revirements de politique des gros opérateurs comme les FAI qui jouent un rôle déterminant dans les rouages de cette économie de l’attention et de l’accès.

A peu de choses près, on retrouve d’ailleurs le même genre de questions que celles qui sont en arrière plan de la lutte opposant Google et les éditeurs de presse dans l’affaire de la Lex Google. C’est encore la dépendance aux revenus publicitaires des sites de presse qui leur fait considérer Google Actualités comme une forme de concurrence déloyale, avec comme conséquence désastreuse de les pousser à monétiser les liens hypertexte par le biais d’un nouveau droit voisin. Au point que les éditeurs irlandais revendiquent à présent des tarifs délirants de 300 euros par lien établi vers leurs articles !

Ces convulsions rejoignent celles déclenchées par le Free Adgate, car elles touchent directement au nerf de la guerre du numérique : la publicité en ligne et derrière elle, l’exploitation des données personnelles des usagers des services. Le problème a une portée très large et la récente affaire Instagram peut aussi être invoquée ici, car c’était également la question de l’exploitation publicitaire des photos des utilisateurs qui a poussé la plateforme à une modification désastreuse de ses CGU.

Guillaume Champeau a parfaitement raison lorsqu’il dit que l’alternative à ce financement par la publicité ne peut guère être recherché que du côté de la mise en place d’une forme de licence globale. Les sites indépendants qui produisent des contenus en ligne auraient tout intérêt pour gagner en autonomie à ce qu’une partie de leurs revenus leur soient versés sous la forme de financements mutualisés de la création, versés par les internautes via un surcoût à leur abonnement internet.

Human Billboard 1. Par ParkinsonsLtdBurnley. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr
Human Billboard 1. Par ParkinsonsLtdBurnley. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr

C’était déjà la conclusion à laquelle j’aboutissais lorsque l’affaire de la Lex Google avait commencé à éclater à l’automne dernier. Plutôt que de chercher à criminaliser les liens hypertexte, les éditeurs de presse auraient bien davantage intérêt à prôner la mise en place d’une contribution créative applicable à leurs contenus, qui leur donnerait droit à un reversement dès lors qu’ils offrent gratuitement accès à leurs articles en ligne.

Ici, c’est la même chose : les sites de production de contenus seraient naturellement couverts par la contribution créative, telle qu’elle est proposée dans les Éléments pour la réforme du droit d’auteur proposée par la Quadrature du net sur la base du modèle imaginé par Phlippe Aigrain. Elle leur assurerait une base de rémunération qui les rendrait moins dépendants de la publicité et ouvrirait la voie à un financement alternatif de la création en ligne.

La triste fermeture du site OWNI à la fin de l’année dernière avait mis en lumière d’une autre façon la dépendance des pure players vis-à-vis de la publicité. La contribution créative aurait pu soutenir un tel site, en lui apportant un financement basé sur la fréquentation et le taux de partage de ses contenus. La survie de ce type d’acteurs ne serait plus conditionnée au fait de s’abriter derrière un mur payant ou de se livrer aux aléas de la publicité.

Lors de notre audition avec Silvère mercier pour SavoirsCom1 devant la mission Lescure, nous avions tenu justement à bien insister pour sortir la question de la contribution créative du cadre étroit dans laquelle on l’envisage trop souvent. Pour prendre en compte toutes les dimensions de l’économie de l’attention dans laquelle s’inscrit la création numérique, il faut considérer l’action des grands opérateurs comme les FAI ou les moteurs de recherche, de même que faire entrer dans l’équation la publicité en ligne et l’exploitation des données personnelles.

Si l’on cesse de se focaliser sur la seule question du piratage et de la préservation des intérêts des industries culturelles pour s’intéresser aux équilibres de l’écosystème du web, alors on doit reconnaître que la contribution créative ouvre de réelles opportunités pour corriger au niveau global les dérives que l’on constate aujourd’hui.

Bien entendu, la contribution créative n’est pas la seule piste de solution à un problème comme le Free Adgate. Elle n’a pas non plus vocation à constituer la seule source de financement pour les éditeurs de contenus en ligne. Certains secteurs, comme celui des services en ligne qui ne produisent pas de contenus, ne pourraient d’ailleurs pas en bénéficier. C’est la raison pour laquelle les financements mutualisés sont accompagnés dans le programme de la Quadrature d’autres mesures, comme la défense de la neutralité du web, la lutte contre la pollution publicitaire ou la prévention des monopoles, qui font système avec elle pour préserver l’ouverture d’Internet. La proposition de la Mission Colin et Collin d’instaurer une taxe sur la collecte des données personnelles pourrait également apporter une pierre précieuse à ce faisceau de mesures.

La contribution créative n’est pas la seule solution, mais elle fait assurément partie de la solution et le dérapage de Free ne le met que mieux en lumière, en révélant les acteurs qui seraient les premiers frappés par ces dérives. On espère que cet épisode sera l’occasion d’une prise de conscience pour eux : il y a sans doute un autre destin que celui d’être condamnés à rester des « hommes-sandwich » de la Toile, à l’indépendance toute relative… Entre moteur de recherche et FAI, ils sont comme pris entre le marteau et l’enclume et la sortie hors de ce dilemme appelle une troisième voie.

En attendant la mission Lescure, dans le rapport d’étape qu’elle a produit, a balayé la piste de la contribution créative par des arguments péremptoires, en estimant qu’elle était « socialement injuste et inefficace économiquement« . Combien de temps faudra-t-il encore en France pour comprendre qu’elle constitue une solution rationnelle et puissante pour préserver l’internet libre et ouvert auquel nous tenons ?

Mise à jour du 08/01/2012 : Télérama consacre un article intéressant pour rendre compte de la réunion organisée par Fleur Pellerin avec le représentants de Free et des éditeurs de contenus. Il note que la Ministre semble pencher à demi-mot vers un soutien à Free, non sur sa méthode de filtrage brutal, mais sur le principe d’une taxation d’acteurs comme Google au bénéfice des fournisseurs d’accès Internet. Là où l’article est vraiment intéressant, c’est lorsqu’il relève qu’il s’agit en fait d’un revirement total par rapport au programme socialiste de la campagne présidentielle, lorsque l’idée était au contraire de taxer les FAI… pour instaurer une licence globale ! Proposition que le candidat Hollande a retirée, pour les beaux yeux des lobbies des industries culturelles…

C’est le scénario sur lequel pourrait bien aboutir une taxation des fournisseurs de services au profit des fournisseurs d’accès. Et de voir émerger, après-demain, des offres commerciales différenciées pour l’abonné. Soit, en attendant le retour en fanfare de la fin de l’Internet illimité (et l’internaute qui trinque), la création d’un système oligopolistique dans lequel les Google, Amazon et autres Facebook achèteront le droit de circuler sans limitation de vitesse. Ah qu’il semble loin le temps où le gouvernement voulait taxer… les FAI (et leurs profits record) pour soutenir la culture. C’était il y a un an à peine. Décidément, sur Internet, tout va toujours plus vite.

 

18 réflexions sur “Free Adgate : encore un argument en faveur de la contribution créative

  1. Gastlag

    « La gratuité d’accès ne peut être obtenue que par deux biais : la publicité, ou une forme de licence globale. »

    Je trouve cette affirmation particulièrement fausse. Il y a bien d’autres moyen d’avoir accès à l’accès libre et gratuit. Le principal : quitter le vieux modèle marchand et s’orienter vers d’autres modes d’organisation et de financement.

    Quelques exemples :
    – Publier de manière autonome sur son temps libre. Des blogs comme celui-ci (S.I.Lex) ou Sebsauvage.net en sont la démonstration.
    – Publier de manière organiser à travers des modèles associatifs. Le meilleur sont Acrimed, Framasoft et Ubuntu.fr qui publie des articles de qualité (et des livres et fait des conférences etc.) depuis plus de 15 ans. Le financement vient de dons ou des cotisations des adhérents. Le travail est essentiellement bénévol, ce qui facile à mettre en place et juste lorsqu’on est regroupé en association.
    – se financer par la vente de service ou le bénévolat comme le font de nombreux producteurs de logiciels libres. Par exemple Spip ou autre ne sont pas marchand et n’ont pas besoin de pub.

    Je pense qu’en fait la contribution créative n’est guère mieux que la pub puisqu’il s’en suit un mécanisme complexe de financement, pas forcément juste. Ça ressemble au vieux modèle de financement des média marchands, en particulier quelques journaux papiers, qui vont quémander des aides aux institutions publiques et ensuite veulent nous faire croire à leur indépendance.

    Bien mieux que la contribution « créative » c’est la diminution du temps de travail marchand qu’il faut exiger. D’ailleurs le journal Fakir nous montre qu’il est tout à fait légitime de demander cela : http://www.fakirpresse.info/Un-mois-de-vacances-en-plus.html

    Je trouve Guillaume Champeau un peu hypocrite quand on sait les position qu’il a et les maintes fois où il dit que le Cinéma et la Musique doivent acter les échanges gratuits sans rémunération et adapter leurs mode de financement. Numérama et Guillaume Champeau doivent acter le fait que leur mode de financement est obsolète et certainement injuste.

    L’AdGate montre que le modèle marchand est bancal voire problématique pour la publication sur Internet.

    1. Je vous accorde que l’opposition est trop binaire et qu’il existe bien d’autres façons d’assurer une publication gratuite en ligne.

      La mutualisation du financement peut se faire par le biais de dons volontaires et l’appel à la contribution bénévole , comme le montre l’exemple de Framasoft que vous citez et plus encore celui de Wikipédia.

      Le problème cependant est celui du passage à l’échelle, si l’on veut qu’un tel modèle économique puisse financer un grand nombre de sites producteurs de contenus. A cette échelle, je pense que la dichotomie publicité / licence globale reste pertinente.

      Combien de sites les individus peuvent-ils soutenir financièrement un par un, avant que cela ne constitue une charge non supportable ? Sans doute peu hélas. Il est bien plus cohérent à grande échelle de mutualiser le financement au niveau de tous les internautes, par le biais d’un surcoût à l’abonnement Internet. Sans compter qu’en outre, la contribution créative est couplée à la légalisation des échanges non marchands, ce qui a pour effet de rendre l’ensemble des contenus publiés en ligne partageables (sous l’équivalent d’une CC-BY-NC).

      Cela dit, je ne dis pas que votre commentaire est sans fondement. La production de contenus et la diffusion de l’information peuvent être considérés comme des biens communs, produits par des communautés de manière collaborative. Il n’existe pas encore de Wikipédia de l’information, mais on a par exemple aux Etats-Unis l’exemple de Pro Publica, média d’investigation citoyen, solide et crédible.

      Je trouve par contre assez dangereux de condamner comme cela dans son ensemble la publication marchande. Il me semble que plusieurs sphères doivent et peuvent coexister, marchand et non-marchand.

      Concernant le premier modèle que vous évoquez, celui de la publication sur le temps libre, je ne vous direz là non plus le contraire, vu que c’est celui de S.I.Lex, comme vous le faites remarquez.

      Je répondrai cependant que c’est un modèle très inégalitaire, car le temps libre est quelque chose de rare, réservé à une minorité qui en dispose ou à ceux qui sont prêts à faire les sacrifices nécessaires pour en disposer (rogner sur le temps de sommeil ou la vie personnelle…).

      Il ne me semble pas non plus que ce soit un modèle permettant d’assurer à large échelle la création.

      Sauf à prôner des solutions comme le revenu de base et sur ce point aussi, je serai tout à fait prêt à vous rejoindre, la question m’intéressent beaucoup.

      Merci pour ce commentaire. Je vous rejoins sur certains points, mais je persiste à penser que la contribution créative a un rôle important à jouer pour l’équilibre du système.

      Je regrette que les personnes adhérant à la mouvance « libriste » ne le voit pas encore.

      Mais ça viendra.

  2. Ping : Free Adgate : encore un argument en faveur de la contribution créative | Biens Communs | Scoop.it

  3. Ping : Adgate | Pearltrees

  4. F G

    D’une part, il est bien vrai qu’il est tout à fait possible de publier gratuitement sur internet, je le fais très souvent, et parfois ici-même…
    D’autre part, je ne trouve pas illégitime que certains site important aient besoin de revenus pour vivre : les bénévoles se faisant rares, pourquoi pas un peu de publicité ?
    Mais j’ai bien dit un peu !
    Et en particulier, Free, et tous les autre, devraient censurer radicalement les pubs invasives qui viennent remplir votre écran et vous forcent à réagir pour disparaître !
    Je les reçois comme une insulte du genre : ah tu ne veux pas me voir, eh bien je te … … …
    C’est de plus absolument contre-productif, car je me déconnecte immédiatement du site, et éventuellement d’internet, ce qui est la seule façon de les faire disparaître :
    et bien sûr, je ne vais absolument jamais voir ce qu’ils essaient de me vendre !

  5. F G

    euh pardon pour l’orthographe : « que certains sites importants… » bien sûr…
    Ensuite, une précision : Les pubs sagement rangées sur le côté des pages que je consulte m’attirent souvent, il n’est pas rare que j’aille y faire un tour !!!

  6. Ping : Free Adgate : encore un argument en faveur de la contribution créative | AgroParisTech IST - InfoDoc | Scoop.it

  7. Ping : Et si la pub était invisible, par défaut ? | Damien Van Achter

  8. Pour info, il existe des propositions de nouveau modèle économique, sans publicité ni licence globale, (ni contribution créative), mais il faudrait prendre quelques minutes pour les comprendre, les analyser, voire les critiquer.
    Je vous invite à lire la page « bien immatériel » de Wikipédia.

    1. Je veux bien, mais la page que vous citez en reste à un niveau très élevé de généralités.

      N’avez-vous rien de plus précis à nous indiquer pour prendre connaissance de ces modèles économiques ?

  9. Ping : Free n’a pas pensé aux éditeurs d’Afrique francophone | E-voir

  10. Alexandre

    Votre article est très intéressant, comme beaucoup de contenus de ce blog que je découvre et que je dévore avec délectation !
    Malheureusement je trouve que la vision que vous avez de l’internet est « nationalisé ». En gros ce sont des solutions françaises mises en place par la legislation française pour les sites français, si on prend le cas par exemple d’une « licence globale ».

    Je peux être éditeur quebecois qui vise un public francophone donc français. Dans la solution de la licence globale française je ne pourrais donc pas toucher de l’argent. A l’inverse je peux être éditeur français et viser particulièrement des gens à l’étranger. Même souci.

    Ou je peux être un site en français pour les français mais édité par une entreprise au bout du monde, au Japon ou au Pérou par exemple. Même souci.

    La publicité est le seul moyen universel d’avoir des revenus homogènes. Cela dit en tant qu’éditeur de contenu je trouve la discussion très intéressante mais les avis des gens sont souvent exagérés. Pour argumenter le fait qu’ils utilisent un bloqueur de pub, ils dépeignent un web où la majorité des sites mettraient en place des publicités qui surgissent dans tous les coins.

    Alors que c’est évidemment faux. La majorité des gros sites et des sites sérieux utilisent des formats publicitaires traditionnels « passifs ». C’est par exemple le cas de la régie de Google, Adsense, qui ne propose que des formats non intrusifs. Et c’est le cas de la majorité des régies publicitaires.

    Les sites qui emploient des publicités type pop-up, type « clique moi dessus pour accéder à ton contenu », etc, sont plutôt des sites qui proposent des contenus illégaux, pornographiques, etc. Ou bien des blogs de mauvaise qualité qui veulent profiter du chaland.

    Dans notre cas, nous avons plutôt choisi d’être dans la pédagogie, dans notre nouvelle version, nous allons détecter les bloqueurs de pub, et afficheront un message qui expliquera à l’internaute l’importance de la publicité pour notre survie, tout en lui proposant soit de nous mettre en « liste blanche » soit de souscrire pour une petite somme annuel à un statut « VIP » qui lui permettra de nous soutenir tout en ayant un site sans aucune publicité avec d’autres contre-parties ! Evidemment s’il ne veut rien faire, il continuera quand même à accéder au site.

    Mais ce sujet a aussi mis en avant une certaine impunité de certains internautes, élévés dans le « tout gratuit » et qui ne comprennent pas que le tout gratuit-sans pub ne peut exister uniquement si l’auteur le décide et non pas parce que l’utilisateur n’a pas envie de payer ou de regarder de la pub. Il faut mettre en avant la volonté de l’auteur et pas celle de l’utilisateur, qui lui est déjà libre de consulter ou pas le site internet. Si je décide de louer mon appartement à 50 000 euros par jour, libre aux gens de ne pas le louer, mais ça ne les autorise pas à le squatter pour autant. C’est un peu pareil pour la publicité sur internet.

    Dans les commentaires précédents, on lit des propos sur le travail bénévole, mais ça ne peut pas aller à tous les sujets. Quand vous faites des sites qui proposent de la vidéo ou qui nécessitent des développements techniques lourds, des rédactions importantes, des déplacements, des investissements, ça ne peut pas être que sur du travail bénévole. Il ne faut jamais oublier que Wikipedia a besoin d’argent pour vivre, qui se situent dans les millions de dollars, et qu’ils ne vivent pas d’amour et d’eau fraiche. Millions de dollars qui sont financés en grande partie par le mécenat privé. Larry Page a par exemple fait un chèque de 500 000 dollars cette année pour wikipedia. Tous les sites internet ne peuvent pas vivre du mécenat.

    Donc je pense que la solution passe par de la pédagogie du coté utilisateur et éditeur (même si comme je l’ai indiqué la majorité des éditeurs sérieux ne pratiquent pas la publicité abusive et intrusive) mais aussi pour laisser le choix à l’internaute de pouvoir financer le site par un autre biais tout en recevant éventuellement des contre-parties, qui peuvent être funs et/ou originales. Un peu comme l’auteur qui propose de donner votre nom à des personnages de son prochain romain.

    Bref, c’est un sujet passionnant et j’espère que le public essaiera de faire un effort pour comprendre que tout le monde serait perdant si un mouvement type « Free Adgate » se poursuivait dans le futur.

      1. Alexandre

        Mon cher Laurent, quand on cherche à se faire comprendre le mieux est d’expliquer clairement les choses. Votre lien vers le PDF n’est pas très clair et ne donne pas envie de lire le contenu avec des modèles mathématiques, des courbes, etc.

        Et vous savez ce que disait Einstein, que si l’on arrive pas à expliquer un concept à un enfant de 5ans, c’est qu’on ne l’a pas bien compris soi-même.

        Donc si vous êtes au courant d’autres modèles économiques, expliquez les, vulgarisez les mais ne renvoyez pas à d’obscures publications….

  11. Ping : Webinaire « Neutralité du Net, Economie de l’attention et Biens communs  | «:: S.I.Lex ::

  12. Ping : Pour les YouTubeurs, fin de l’âge d’or ou possibilité d’un nouveau départ ? | :: S.I.Lex ::

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