Un petit pas pour l’auteur, un grand pas pour le domaine public volontaire !

Je vous avais parlé, il y a quinze jours, du projet un peu fou de l’auteur Pouhiou, qui a lancé sur Ulule un crowdfunding pour faire en sorte que ces romans deviennent non seulement libres, mais gratuits. Seulement à la mi-parcours, l’opération est déjà un succès ! Un grand bravo à Pouhiou et merci à tous ceux qui l’ont soutenu.

Je m’étais engagé à faire passer S.I.Lex sous licence CC0 (Creative Commons Zéro) si Pouhiou réussissait son pari, ce qui équivaut à un versement dans le domaine public volontaire. Les mentions légales du blog ont été modifiées et c’est à présent chose faite.

Pouhiou m’a posé quelques questions à propos de cette décision, qui ont été publiées sur le Framablog et que je reprends ci-dessous.

Et n’oubliez pas qu’il vous reste encore plus de deux semaines pour soutenir le projet de Pouhiou ! Lire la suite

300 billets dans S.I.Lex

Un peu plus de trois ans et demi après l’ouverture de ce blog, ce billet est le 300ème publié sur S.I.Lex. Quelques mots, avant tout pour remercier les visiteurs qui sont venus lire ces billets et partager leurs réflexions en commentaire.

Ce cap des 300 est important à mes yeux et je vous livre les quelques pensées qu’il m’inspire (les intertitres ne diront quelque chose qu’à ceux qui ont vu le film 300. Oui, j’assume mes références !).

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Rémunération des blogueurs : une piste du côté de la licence globale ?

Dans la polémique qui a éclaté lors de la trêve des confiseurs à propos de la rémunération des blogueurs et de leurs rapports avec les sites de presse, j’ai trouvé frappant de constater que le débat se ramenait à une opposition finalement assez classique entre amateurs et professionnels, sans beaucoup d’imagination du côté des modèles économiques envisageables.

Or il existe des propositions de modèles alternatifs de financement de la création qui tendent à dynamiter symboliquement cette distinction entre amateurs et professionnels et ils constituent une piste intéressante pour envisager la question sous un nouvel angle.

J’ai déjà abordé cette question du statut des blogueurs vis-à-vis de la presse sous l’angle juridique, à propos du mode de fonctionnement du Huffington Post et de son arrivée en France, mais il me paraît intéressant aujourd’hui de la reprendre sous l’angle économique, en la reliant avec la problématique de la licence globale.

La licence globale, remède miracle pour assurer une rémunération aux blogueurs et modifier leur statut ? (Gold Capsule. Par Brooks Elliot. CC-BY-SA. Source : Flickr)

On peut en effet concevoir des solutions, de type licence globale ou contribution créative, qui viendraient englober les contenus produits par la blogosphère et offrir aux blogueurs une rémunération en contrepartie de leur inclusion dans la sphère des échanges hors marché qu’un tel système viendrait légaliser.

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Non Arianna, le Huffington Post n’est pas Wikipédia !

L’annonce en début de semaine du lancement d’une déclinaison française du Huffington Post, premier site d’information américain devant le New York Times, en partenariat avec Le Monde, a fait grand bruit sur la Toile. A cette occasion, sa fondatrice – Arianna Huffington – avait fait le déplacement à Paris pour donner une série d’interventions publiques et d’interviews, dont celle-ci dans les colonnes du Monde.fr – « Nous vivons un âge d’or du journalisme« . On y trouve ce passage, qui m’a interpellé :

Quand le Huffington Post a été vendu à AOL, des blogueurs américains ont protesté, estimant qu’ils avaient travaillé gratuitement pour le site et n’avaient pas reçu leur part. Que leur répondez-vous ?

Le Huffington Post est à la fois une entreprise de presse et une plate-forme collaborative. En tant que plate-forme, nous sommes accessibles à des gens qui veulent exprimer leur point de vue, parler de leurs passions, de leurs idées politiques, etc. Plus de 20 000 blogueurs nous proposent leurs contenus. Ce n’est pas vraiment du travail, on ne les oblige pas à écrire. C’est le principe d’Internet. Les internautes qui mettent à jour Wikipédia ne sont pas payés.

Les contributeurs des grandes plateformes collaboratives sont-ils condamnés à n'être que les fourmis du web, exploitées malgré elles ? (Last Meal. Par Lottery Monkey. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr)

Cette prise de position renvoie à la question des User Generated Content (Contenus Produits par les Utilisateurs) et à la manière dont les plateformes collaboratives, par le biais de leurs conditions d’utilisation, règlent les questions de propriété sur ces contenus.

Assimiler, comme le fait ici Arianna Huffington, son site et Wikipédia me paraît assez problématique, dans la mesure où leurs architectures juridiques sont très différentes. L’encyclopédie collaborative est placée sous licence libre (Creative Commons CC-BY-SA) alors que le Huffington Post, malgré son ouverture à des contenus extérieurs, demeure dans la logique du copyright.

En quoi les deux sites sont-ils différents, quels sont leurs rapports à la propriété des contenus, ainsi qu’avec l’usage commercial ? Peut-on par exemple imaginer que Wikipédia se fasse racheter, comme cela a été le cas pour le Huffington Post ? C’est ce que je voudrais creuser dans ce billet.

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Ecrire sous licence Creative Commons, au risque du vol… ou de l’envol ?

Passer ses textes sous licence Creative Commons, c’est bien. Je suis à peu près certains que les blogueurs sont très majoritairement favorables aux idées globales de diffusion et de liberté. Pourtant, une grande majorité des blogs ne sont surtout pas en Creative Commons. Référencement vous dites ?

C’est par ces mots que commence un billet incisif, « Le cocktail favori de Google : Creative Commons et Duplicate Content » publié par Keeg sur le blog du même nom. L’auteur entend y démontrer qu’il existe en réalité fort peu d’intérêt à placer ses textes sous licence Creative Commons, car le risque est alors grand qu’ils soient copiés et postés sur un autre site plus visible, qui captera le trafic à vos dépends et vous privera du flux de lecteurs sur votre blog.

C’est un fait que si les licences Creative Commons permettent de réserver certains droits (comme l’usage commercial ou la création d’œuvres dérivées), elles autorisent toutes la reproduction et la rediffusion des contenus , ce qui implique que les textes sous CC puissent exister en plusieurs endroits sur la Toile.

Vol ou envol ? La réutilisation des textes en ligne fait débat... (Flying books. Par Gexidaf. CC-BY-NC. Source : Flickr)

On pourrait voir cette « ubiquité numérique » des textes comme un avantage en termes de visibilité et de diffusion des idées, mais Keeg nous explique, qu’au contraire,  cette duplication des contenus (Duplicate Content) est susceptible de compromettre le référencement de votre site, surtout si de gros requins, comme Paperblog par exemple, spécialiste de l’agrégation de contenus extérieurs, mettent le grappin sur vos écrits. La question est visiblement controversée, notamment à propos du comportement de Google face au Duplicate Content et ce phénomène est susceptible de revêtir plusieurs formes, plus ou moins problématiques.

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Filons de S.I.Lex #4 : le relevé des fouilles de la semaine

Encore une semaine largement dominée par l’Affaire Google Book Search, qui génère un flots incessant d’actualités.Presque à donner le vertige …

Pour faire vite cette semaine, nous aurons eu droit à des interventions musclées dans la procédure de règlement aux Etats-Unis de la part de l’Etat allemand, du Syndicat national de l’Edition (SNE) et d’Amazon. L’Italie a également rejoint les rangs des opposants déclarés à l’accord. A quand un amicus curiae du Vatican ! En prime, Nous avons assisté à un grand moment de n’importe quoi puisque le tribunal américain en charge de l’affaire s’est vu contraint, une nouvelle fois, de repousser la date limite fixée aux titulaires de droits (auteurs et éditeurs) pour se retirer de l’accord en raison … d’une panne informatique ! La prochaine échéance, c’est mardi 8 septembre – si tout va bien !

Mais à côté de ce buzz assourdissant autour de Google, on a pu aussi voir passer de manière plus discrète beaucoup de choses intéressantes, dans le domaine du droit d’auteur, du droit de l’internet et des libertés numériques et c’est là-dessus que je voudrais axer la revue de cette semaine (je vous renvoie à mon tag delicious Google_Book_Search pour tout ce qui a trait à ce dossier. On peut aussi s’y abonner par un fil RSS).

J’ajoute aux Filons une rubrique « A ne pas manquer cette semaine » pour vous signaler les évènements marquants à venir.

Prehistoric Arrowheads. Par Wessex Archeology. CC-By-NC-SA. Source : Flickr
Prehistoric Arrowheads. Par Wessex Archeology. CC-By-NC-SA. Source : Flickr

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S.I.Lex fait peau neuve !

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Première mue pour S.I.Lex !

Comme vous l’aurez remarqué, j’ai décidé de changer le thème du blog, mais pas seulement pour des raisons esthétiques.

En effet, depuis quelques temps, je sentais un décalage entre le contenu des billets que je postais et la teneur de la veille que j’effectue et des parcours que j’emprunte sur Internet.

Etant donné que les billets que je publie sur S.I.Lex sont assez longs en général, je n’avais pas le temps d’écrire sur tout ce qui me semblait important et j’avais la sensation désagréable de « passer à côté » de pas mal de choses. Certes, je stocke tous ces éléments grâce à un compte Delicious, qui me sert de « mémoire numérique », mais j’aurais également voulu pouvoir glisser vers une logique d’annotation rapide de mes lectures en ligne ou apporter des compléments sur certains billets, en fonction des nouvelles évolutions et des découvertes sur la Toile. Les commentaires des lecteurs sur les billets apportent aussi beaucoup et me donnent aussi souvent envie d’apporter des compléments ou de nuancer certains billets.

Bref, il me fallait un outil plus souple et plus concis que le blog en lui-même. Depuis quelques semaines, j’ai ouvert un compte sur Twitter et j’avoue que j’ai été bluffé par cet outil, qui permet justement à la fois de repérer beaucoup d’informations (et notamment en matière juridique) et de la rediriger vers d’autres utilisateurs, tout en offrant un cadre de discussion. Mais la limite des 140 caractères de Twitter est un peu trop drastique parfois !

Après bien des tentatives et des désappointements, j’ai fini par trouver un outil intermédiaire, entre le signets, le blog et Twitter, qui convient à ce que je veux faire : Tumblr.Il s’agit d’un petit outil de blog rapide, sans limite de taille, qui permet à la fois de poster des billets, des liens, des citations, des images, des vidéos, de manière très souple et rapide (notamment grâce à un bouton que l’on peut insérer dans sa barre d’outils).

Du coup, j’ai ouvert un profil que j’ai appelé Les Eclats de S.I.Lex, et que je destinerai à la rédaction de brèves d’actualités et au signalement

Tumblr : un outil épatant d'annotations et de commentaire en ligne
Tumblr : un outil épatant d'annotations et de commentaire en ligne

de ressources trouvées sur Internet. Vous retrouverez ces informations « à la volée » à droite des billets de S.I.Lex, récupérées grâce à un fil RSS. Sur le blog S.I.Lex en lui-même, je continuerai à poster des billets de fond et d’analyse. Par ailleurs, les Eclats de S.I.Lex sont automatiquement renvoyés sur Twitter (tout est dans tout et réciproquement !). Pour vous abonner au fil RSS des Eclats de S.I.Lex, c’est ici.

Je dois dire que cette évolution doit beaucoup à la lecture de ce billet du Taiseux Bavard (Daniel Bourrion) sur la notion de sédimentation (voir aussi cette présentation). La veille, l’écriture, la réflexion, le débat sur Internet se construisent par étapes, dans un processus d’enrichissements et d’apports successifs. Les billets de blog sont une étape importante, celle de la précipitation des composés volatils que l’on a pu glaner ici ou là, mais les étapes en amont (recherche, collecte, annotations) et en aval (mises à jour, discussions, réutilisation des contenus) n’en sont pas moins intéressants. La lecture des blogs m’apportent personnellement beaucoup, mais j’apprécie tout particulièrement les personnes qui acceptent de « soulever le capot de la machine » et de donner à voir leurs sources dans des Univers Netvibes, leurs parcours dans Delicious, leurs réactions à chaud dans Diigo … etc (je vous conseille à ce sujet de visiter le blog de Richard Peirano/Jadla Relation, Transformation, Partage, et tout les éléments qui gravitent autour).

Mon activité d’écriture principale reste sur S.I.Lex, mais vous pouvez également ailleurs retrouver d’autres strates sédimentaires :

  • Sur Netvibes : Univers de veille, qui est devenu pour moi un outil de travail quotidien et la source à laquele je puise quasiment toutes mes informations.
  • Sur Delicious : mes parcours et ma mémoire, résultats du travail de sélection, avec un premier stade de traitement réalisé par le biais du classement et de l’indexation par tags
  • Sur Tumblr (Les Eclats de S.I.Lex) : Annotations, réactions, mises en exergue et premier niveau d’analyse au plus près de l’actualité, mise à jour des billets publiés sur S.I.Lex
  • Sur WordPress (blog S.I.Lex) : L’espace d’analyse, de réflexion et de discussion grâce aux commentaires des billets.
  • Sur Twitter : pour engager ou prolonger la discussion, pour récupérer des éléments de veille …
  • Sur Babelio : une sélection d’ouvrages sur le droit d ‘auteur,  le droit de l’information et d’internet, le droit de la culture.

C’est un peu « kaléidoscopique », mais grâce à Tumblr, je pense avoir trouvé un dispositif satisfaisant.

Si vous aussi, vous avez rencontré les mêmes difficultés pour organiser votre activité sur Internet, les commentaires vous sont bien sûr ouverts, et je serais très curieux de savoir comment vous avez trouvé une solution.

A mon avis, ce qui vaut à titre individuel vaut aussi pour les institutions, et s’il y a beaucoup de bibliothèques qui ont un blog aujourd’hui, on trouve peu d’établissements qui déclinent ainsi les facettes de leurs activités numériques et qui « donnent à voir » la sédimentation progressive de leur travail.

Peut-être une piste à creuser ?