Utiliser les licences libres pour un projet éditorial : quels contenus ? quels usages ? quelle diffusion ?

J’ai eu la chance de pouvoir donner récemment une formation au Labo de l’édition consacrée à l’utilisation des licences libres ou de libre diffusion dans le cadre d’un projet éditorial, devant un public composé d’auteurs, d’éditeurs et de porteurs de projets de plateformes numériques ou d’applications.

In libris libertas. Par Drewpiter. CC-BY. Source : Flickr.

La discussion avec ces professionnelles fut riche et je poste ci-dessous le support que j’ai utilisé pour cette intervention (sous licence CC-BY et donc entièrement réutilisable, modifiable et adaptable).

Je me suis efforcé d’expliquer de manière aussi simple que possible le fonctionnement des licences (notamment les Creative Commons) et de montrer quelles pouvaient être leurs applications pratiques dans le cadre d’un projet d’édition de livres (papier et numérique).  Comment intégrer des contenus libres dans un ouvrage et où les trouver ? Quels types d’usages innovants les Creative Commons peuvent-ils favoriser pour les livres numériques  (collaboratifs, transformatifs, pédagogiques, etc) ? Comment adapter les contrats d’édition lorsque l’auteur et l’éditeur conviennent de diffuser le livre sous licence libre ou de libre diffusion ?

Je tenais également à montrer que l’usage des licences libres ou de libre diffusion n’empêche pas de mettre en place des modèles économiques, contrairement à une idée trop souvent répandue. Les licences Creative Commons en particulier, par leur modularité et la gradation qu’elles permettent dans l’ouverture, offre des possibilités variées d’articuler une sphère de gratuité à des usages payants. On voit néanmoins émerger des pistes intéressantes autour du freemium, du crowdfunding, du transmédia, des modèles de  double diffusion (papier/payant, eBook/gratuit), etc. Par ailleurs, la question des circuits de diffusion se pose également, pour des oeuvres qui peuvent avoir du mal à trouver leur chemin vers les lecteurs, faute de pouvoir emprunter les canaux classiques de distribution (plateformes type iBooks, Kindle Store ou Google Play, librairies, bibliothèques, etc). Quelles stratégies employer pour rendre visibles des livres sous Creative Commons, toucher un public et éventuellement, faire tourner un modèle économique ?

Je suis souvent intervenu devant des publics de bibliothécaires pour donner des formations sur les licences Creative Commons, mais je tiens à remercier tout particulièrement le Labo de l’édition de m’avoir permis de donner des formations abordant cette question devant des auteurs et des éditeurs, qui sont directement à même de se saisir de ces outils pour produire des oeuvres libres. Les temps sont peut-être en train de changer puisque même le SNE a organisé une session sur les Creative Commons lors des dernières assises du livre numérique…

Ce travail a été alimenté par une veille que je conduis depuis plusieurs années à présent sur cette carte mentale consacrée à l’édition sous licence libre ou de libre diffusion. Si vous connaissez des exemples intéressants qui n’y figureraient pas, n’hésitez pas à les partager en commentaire de ce billet.

À propos de Lionel Maurel (Calimaq)

Ce blog est tenu par : Calimaq - aka Lionel Maurel Juriste & Bibliothécaire. Contact : calimaq at gmail point com
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2 réponses à Utiliser les licences libres pour un projet éditorial : quels contenus ? quels usages ? quelle diffusion ?

  1. Delphine dit :

    Bonjour,

    Merci pour cette présentation partagée. Je me permets de vous donner deux autres exemples de création éditoriale sous CC. Les deux concernent le même auteur et sont des albums jeunesse parus en papier avec des éditeurs différents. Le premier existe en français et en breton (autoédité en français, édité à compte d’éditeur en breton). Un blog retrace l’histoire de cet album et donne aussi des exemples des façons dont il a ensuite été réutilisé en classe : http://gwion.blog.free.fr/
    L’autre album est en breton également : Skol Kael, aux éditions Goater (http://www.editions-goater.org/post/2012/11/30/Skol-Kael,-Florence-Drenou,-Fa%C3%B1ch-ar-Ruz). Là encore les enfants ont pu ensuite s’approprier le livre en le modifiant, en créant leur propre livre personnalisé en classe. Ce qui est, à mon avis, intéressant dans ces projets, c’est la suite, la vie qu’ont connu ces albums en classe, de manière tout à fait légale.

  2. Ping : Actualités des humanités numériques du 11/23/2013 web-1.org

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